Une vidéo au contenu assez stupéfiant circule sur le web depuis quelques heures.

Il s’agit d’une conversation captée le 2 janvier 2014 aux abords du métro Jean-Talon et on y voit, par une température frisant les moins 30, un sans domicile fixe qui fait face à un policier du SPVM.

On y entend clairement le policier, malgré le bruit du vent dans le micro, répéter à l’homme que si il ne se calme pas, il va “l’attacher à un poteau pendant une heure”.

Tandis que le SPVM vient d’annoncer la création d’une unité spéciale destinée à veiller sur les sans-abris durant les périodes de grand froid, voici une situation qui pose de nombreuses questions sur la façon dont certains policiers considèrent qu’ils doivent traiter les sans-abris.

Qu’on ne vienne pas me dire que nous n’avons ici qu’une partie de la situation, car si c’est certainement exact, rien ne pourra venir  justifier de tels propos dans la bouche d’un policier qui est censé soit réprimer un délit en agissant de façon professionnelle, soit porter assistance à une personne qui est manifestement – même si elle présente peut-être certains signes d’agressivité – en situation de détresse.

Or, celui ou celle qui me dira que ce qui s’est peut-être produit avant justifie les propos du policier, devra m’expliquer de quelle façon et pourquoi un policier peut se permettre de menacer un citoyen manifestement en état de détresse de “l’attacher une heure à un poteau” par moins trente degrés !

J’ai vu, entendu et constaté beaucoup de bonnes et de mauvaises choses depuis que j’ai commencé à m’intéresser au travail des forces de l’ordre au Québec, mais devant une telle situation, je suis estomaqué par le fait que ce policier puisse tenir de tels propos et surtout, lorsqu’il est interpellé par celui qui le filme, qu’il ne semble manifester aucune gêne à traiter de la sorte un citoyen.

Car, peut-être faut-il le rappeler, un sans-abris ou une personne qui a des troubles mentaux RESTE, quoi qu’il dise ou fasse, un être humain qui doit être traité avec professionnalisme et respect de la part des policiers.

Je suis outré et scandalisé par ce que je viens de voir et d’entendre et j’espère que le SPVM va réagir rapidement et prendre les mesures qui s’imposent face à cette situation indigne.

J’ai pris contact avec le responsable des communications du SPVM, qui m’a dit avoir vu cette vidéo qui est actuellement entre les mains du commandant du poste de quartier du policier concerné.
On me dit qu’un suite rapide sera donnée à cela.

Je l’espère car, comme dans le cas de l’agente 728, il en va de l’intérêt de tout un service que de ne pas laisser quelques moutons noirs salir l’image d’un corps de police et toute une profession.

ARTICLE: JOURNAL DE MONTREAL – Stephane Berthomet

Video:  Courtoisie